1 – Critères de divisibilité

• Tout entier naturel \(N\) s'écrit en base \(10\) : \(N = a_{p}10^{p} + a_{p - 1}10^{p - 1} + \cdots + a_{1}10 + a_{0}\), où \(a_{0}\), \(a_{1}\), …, \(a_{p}\) sont ses chiffres (entre \(0\) et \(9\)) ; \(a_{0}\) est le chiffre des unités.
Propriété 1 : Soit \(N\) un entier naturel de chiffres \(a_{p}\), …, \(a_{1}\), \(a_{0}\).
• \(N \equiv a_{0}\ [10]\) : \(N\) est divisible par \(2\) (resp. \(5\)) si et seulement si son chiffre des unités l'est.
• \(N \equiv a_{0} + a_{1} + \cdots + a_{p}\ [9]\) : \(N\) est divisible par \(9\) (resp. \(3\)) si et seulement si la somme de ses chiffres l'est.
• \(N \equiv 10a_{1} + a_{0}\ [4]\) : \(N\) est divisible par \(4\) si et seulement si le nombre formé par ses 2 derniers chiffres l'est.
• \(N \equiv a_{0} - a_{1} + a_{2} - \cdots + (-1)^{p}a_{p}\ [11]\) : \(N\) est divisible par \(11\) si et seulement si la somme alternée de ses chiffres l'est.
Démonstration On applique la compatibilité des congruences (fiche A1.3) à l'écriture de \(N\) en base \(10\).
• \(10^{k} \equiv 0\ [10]\) pour \(k \geq 1\), donc \(N \equiv a_{0}\ [10]\). Même raisonnement modulo 2 et 5.
• \(10 \equiv 1\ [9]\), donc \(10^{k} \equiv 1\ [9]\) pour tout \(k\), et \(N \equiv a_{p} + \cdots + a_{1} + a_{0}\ [9]\). Même raisonnement modulo \(3\).
• \(100 \equiv 0\ [4]\), donc \(10^{k} \equiv 0\ [4]\) pour \(k \geq 2\), et \(N \equiv 10a_{1} + a_{0}\ [4]\).
• Enfin \(10 \equiv -1\ [11]\), donc \(10^{k} \equiv (-1)^{k}\ [11]\) et \(N \equiv a_{0} - a_{1} + a_{2} - \cdots\ [11]\). □
Exemple 1 :
Le nombre \(N = 7392816\) est-il divisible par \(3\) ? par \(9\) ? par \(4\) ? par \(11\) ?

• \(7 + 3 + 9 + 2 + 8 + 1 + 6 = 36\) est divisible par \(9\) : \(N\) est divisible par \(9\), donc par \(3\).
• \(16\) est divisible par \(4\) : \(N\) aussi.
• En partant des unités : \(6 - 1 + 8 - 2 + 9 - 3 + 7 = 24 \equiv 2\ [11]\) : \(N\) n'est pas divisible par \(11\) (le reste est \(2\)).
Exemple 2 :
Déterminer les chiffres \(x\) tels que le nombre \(\overline{3x52}\) (écrit en base \(10\)) soit divisible par \(3\).

\(\overline{3x52} \equiv 3 + x + 5 + 2 = 10 + x\ [3]\). Il est divisible par \(3\) si et seulement si \(x \equiv -10 \equiv 2\ [3]\), soit \(x \in \{2\ ;\ 5\ ;\ 8\}\).

2 – Résoudre des équations avec des congruences

• On rappelle qu'on n'a pas le droit de diviser une égalité de congruence par un même nombre. Pour résoudre une équation, on dispose alors de deux méthodes.
Méthode 1 (table de congruences) : modulo \(n\), un entier \(x\) n'a que \(n\) restes possibles. On teste, pour chaque reste de \(x\), le reste de l'expression étudiée.
Exemple 3 :
Résoudre dans \(\mathbb{Z}\) l'équation \(3x \equiv 5\ [7]\).
Reste de \(x\) modulo \(7\)\(0\)\(1\)\(2\)\(3\)\(4\)\(5\)\(6\)
Reste de \(3x\) modulo \(7\)\(0\)\(3\)\(6\)\(2\)\(5\)\(1\)\(4\)
\(3x \equiv 5\ [7] \Leftrightarrow x \equiv 4\ [7]\) : les solutions sont les entiers \(x = 4 + 7k\), avec \(k \in \mathbb{Z}\).
Exemple 4 :
Démontrer que l'équation \(x^{2} = 3y + 2\) n'a aucune solution \((x\ ;\ y)\) dans \(\mathbb{Z}^{2}\).

Si \((x\ ;\ y)\) est solution, alors \(x^{2} \equiv 2\ [3]\). Or modulo \(3\) : si \(x \equiv 0\), \(x^{2} \equiv 0\) ; si \(x \equiv 1\), \(x^{2} \equiv 1\) ; si \(x \equiv 2\), \(x^{2} \equiv 4 \equiv 1\).
Un carré n'est donc jamais congru à \(2\) modulo \(3\) : l'équation n'a pas de solution entière.
Définition : Soit \(n \geq 2\). On dit que \(a \in \mathbb{Z}\) admet un inverse modulo \(n\) s'il existe un entier \(u\) tel que \(au \equiv 1\ [n]\).
Exemple 5 :
Trouver un inverse du nombre \(3\) modulo \(11\).

\(3 \times 4 = 12 \equiv 1\ [11]\). Donc \(4\) est un inverse de \(3\).
Remarque : tout entier n'a pas d'inverse : \(2u\) est pair, donc \(2u \equiv 1\ [4]\) est impossible. Au chapitre suivant, on verra que \(a\) a un inverse modulo \(n\) si et seulement si \(a\) et \(n\) sont premiers entre eux.
Méthode 2 (inverse) : On cherche d'abord un inverse du nombre qui est situé devant le « \(x\) ».
Puis on multiplie les deux membres de l'équation par cet inverse trouvé.
Exemple 6 :
Résoudre dans \(\mathbb{Z}\) l'équation \(3x - 9 \equiv 4\ [11]\). \[\begin{aligned} 3x - 9 \equiv 4\ [11] &\Leftrightarrow 3x \equiv 4 + 9 \equiv 13\ [11] \\ &\Leftrightarrow 3x \equiv 2\ [11] \\ &\Leftrightarrow 4 \times 3x \equiv 4 \times 2\ [11] \\ &\Leftrightarrow x \equiv 8\ [11] \end{aligned}\]

3 – Clés de contrôle

• Pour détecter les erreurs de saisie, on ajoute à un code une clé calculée avec des congruences : codes-barres, ISBN, RIB, numéro de sécurité sociale…
Exemple 7 (code EAN-13) :
Un code-barres de 13 chiffres \(a_{1}a_{2}\ldots a_{13}\) est valide si \(a_{1} + 3a_{2} + a_{3} + 3a_{4} + \cdots + 3a_{12} + a_{13} \equiv 0\ [10]\).

a) Déterminer la clé \(a_{13}\) du code \(978221005432a_{13}\). \[\begin{aligned} &9 + 3 \times 7 + 8 + 3 \times 2 + 2 + 3 \times 1 \\ &+ 0 + 3 \times 0 + 5 + 3 \times 4 + 3 + 3 \times 2 = 75 \end{aligned}\] Il faut \(75 + a_{13} \equiv 0\ [10]\), d'où \(a_{13} = 5\).

b) Montrer qu'une erreur sur un seul chiffre est toujours détectée.

Si un chiffre \(a\) de coefficient \(c \in \{1\ ;\ 3\}\) est remplacé par \(a' \neq a\), la somme varie de \(c(a' - a)\) avec \(0 < |a' - a| \leq 9\). Si \(c = 1\), \(a' - a \not\equiv 0\ [10]\). Si \(c = 3\) : \(3(a' - a) \equiv 0\ [10]\) et \(-27 \leq 3(a' - a) \leq 27\) entraînerait \(3(a' - a) \in \{\pm 10\ ;\ \pm 20\}\), ce qui est impossible car aucun d'entre eux n'est multiple de \(3\).
L'erreur est donc toujours détectée pour une erreur sur un seul chiffre (mais pas forcément sur plusieurs).

4 – Chiffrement affine

• On numérote les lettres de \(A = 0\) à \(Z = 25\). Le chiffrement affine de clé \((a\ ;\ b)\) remplace la lettre de numéro \(x\) par la lettre de numéro \(y\), où \(y\) est le reste de \(ax + b\) modulo \(26\).
Exemple 8 :
On choisit la clé \((3\ ;\ 7)\).

a) Chiffrer le mot MATHS.
• M : \(3 \times 12 + 7 = 43 \equiv 17\) → R ;
• A : \(7\) → H ;
• T : \(3 \times 19 + 7 = 64 \equiv 12\) → M ;
• H : \(3 \times 7 + 7 = 28 \equiv 2\) → C ;
• S : \(3 \times 18 + 7 = 61 \equiv 9\) → J.
• Le mot chiffré est RHMCJ.

b) Exprimer \(x\) en fonction de \(y\) et déchiffrer la lettre R.

\(3 \times 9 = 27 \equiv 1\ [26]\). Donc \(9\) est un inverse de \(3\) modulo \(26\) et on va donc pouvoir résoudre l'équation : \[\begin{aligned} y \equiv 3x + 7\ [26] &\Leftrightarrow 3x \equiv y - 7\ [26] \\ &\Leftrightarrow 9 \times 3x \equiv 9(y - 7)\ [26] \\ &\Leftrightarrow x \equiv 9(y - 7) = 9y - 63\ [26] \end{aligned}\] soit \(x \equiv 9y + 15\ [26]\) car \(-63 + 78 = 15\).
Pour R (\(y = 17\)) : \(9 \times 17 + 15 = 168 \equiv 12\ [26]\) : c'est bien M.
Remarque : avec la clé \((2\ ;\ 0)\), les lettres \(x\) et \(x + 13\) sont chiffrées de la même façon (\(2 \times 13 = 26 \equiv 0\ [26]\)) : on ne peut pas déchiffrer. Il faut que \(a\) ait un inverse modulo \(26\).

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