1 – Définition

Définition 1 : On dit qu'une suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\) si pour tout rang \(n\), on a \[u_{n+1} = q \times u_n\]
Schéma montrant la progression d'une suite géométrique de u_0 à u_{n+1} par multiplication successive par q
Exemple 1 :

● Soit \((u_n)\) la suite géométrique de premier terme \(u_0 = 1\) et de raison \(q = 3\).

Pour tout rang \(n\) on a \(u_{n+1} = 3 \times u_n\). On a donc \((u_n) = (1 ; 3 ; 9 ; 27 ; 81 ; 243 ; \ldots)\)

● Soit \((v_n)\) la suite géométrique de premier terme \(v_0 = 2\) et de raison \(q = \dfrac{1}{2}\).

Pour tout rang \(n\) on a \(v_{n+1} = \dfrac{1}{2} \times v_n\). On a donc \((v_n) = \left(2 ; 1 ; \dfrac{1}{2} ; \dfrac{1}{4} ; \dfrac{1}{8} ; \dfrac{1}{16} ; \ldots\right)\)

Exemple 2 :

Soit \((u_n)\) la suite définie pour tout \(n \in \mathbb{N}\) par \(u_n = 2^n\).

Pour tout rang \(n\), \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n} = \dfrac{2^{n+1}}{2^n} = \dfrac{2^n \times 2}{2^n} = 2\). Le quotient entre deux termes consécutifs est constant égal à \(2\).

Pour tout rang \(n\) on a \(u_{n+1} = 2 \times u_n\).

En conclusion la suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q = 2\) et de premier terme \(u_0 = 2^0 = 1\).

Exemple 3 :

Soit \((u_n)\) la suite définie pour tout \(n \in \mathbb{N}\) par \(u_n = n^2\).

On a \(u_1 = 1\), \(u_2 = 4\) et \(u_3 = 9\).

On a donc \(\dfrac{u_2}{u_1} = \dfrac{4}{1} = 4\) et \(\dfrac{u_3}{u_2} = \dfrac{9}{4} = 2{,}25\).

Le quotient entre deux termes consécutifs n'est pas constant. La suite n'est donc pas géométrique.

2 – Formule explicite

Propriété 1 : Si \((u_n)\) est une suite géométrique de raison \(q\) alors pour tout rang \(n\), on a \[u_n = u_0 \times q^n\]
Remarque : Plus généralement, si \(k\) est un entier naturel, pour tout rang \(n \geq k\), on a \(u_n = u_k \times q^{n-k}\).

En particulier, lorsque le premier terme est \(u_1\), on utilisera la formule \(u_n = u_1 \times q^{n-1}\).

Démonstration :

Soit \((u_n)\) une suite géométrique de raison \(q\). Pour tout rang \(n\), \(u_{n+1} = q \times u_n\). On a donc :

\[\begin{cases} u_1 = q \times u_0 \\ u_2 = q \times u_1 = q \times q \times u_0 = q^2 \times u_0 \\ u_3 = q \times u_2 = q \times q^2 \times u_0 = q^3 \times u_0 \\ \ldots \end{cases}\]
Schéma montrant le passage de u_0 à u_n par multiplication successive par q

Ainsi pour arriver jusqu'à \(u_n\), en partant de \(u_0\), on aura multiplié \(n\) fois par la raison : \(u_n = q^n \times u_0\) □

Remarque : La formule explicite permet de calculer n'importe quel terme sans calculer tous les précédents.
Exemple 4 :

● Soit \((u_n)\) la suite géométrique de premier terme \(u_0 = 1\) et de raison \(q = 3\).

Formule explicite : Pour tout rang \(n\), \(u_n = 1 \times 3^n = 3^n\). On a \(u_{10} = 3^{10} = 59\,049\).

● Soit \((v_n)\) la suite géométrique de premier terme \(v_1 = 2\) et de raison \(q = \dfrac{1}{2}\).

Formule explicite : Pour tout rang \(n\), \(v_n = 2 \times (0{,}5)^{n-1}\). On a \(v_{10} = 2 \times 0{,}5^{10-1} = 2 \times 0{,}5^9 \cong 0{,}0039\).

3 – Sens de variation

Propriété 2 : On considère une suite géométrique \((u_n)\) de raison \(q > 0\) et de premier terme \(u_0 > 0\).

● Si \(q > 1\) alors la suite \((u_n)\) est croissante.

● Si \(0 < q < 1\) alors la suite \((u_n)\) est décroissante.

● Si \(q = 1\) alors la suite \((u_n)\) est constante.

Exemple 5 :

● \(u_0 = 1\) ; \(q = 3\)

Graphique d'une suite géométrique croissante avec u_0 = 1 et q = 3

\((u_n)\) est croissante

● \(v_0 = 2\) ; \(q = \dfrac{1}{2}\)

Graphique d'une suite géométrique décroissante avec v_0 = 2 et q = 1/2

\((v_n)\) est décroissante

● \(w_0 = 3\) ; \(q = 1\)

Graphique d'une suite géométrique constante avec w_0 = 3 et q = 1

\((w_n)\) est constante

Remarques :

● Si \(u_0 < 0\) alors les sens de variation sont inversés : décroissant si \(q > 1\) et croissant si \(0 < q < 1\).

● Si \(q < 0\) alors la suite n'est pas monotone : les termes oscillent indéfiniment entre positif et négatif.

4 – Limites

Propriété 3 : On considère une suite géométrique \((u_n)\) de raison \(q > 0\) et de premier terme \(u_0\).

● Si \(q > 1\) et \(u_0 > 0\) alors la suite a pour limite \(+\infty\) : \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty\)

● Si \(q > 1\) et \(u_0 < 0\) alors la suite a pour limite \(-\infty\) : \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = -\infty\)

● Si \(0 < q < 1\) alors la suite a pour limite \(0\) : \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = 0\)

● Si \(q = 1\) alors la suite a pour limite \(u_0\) : \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = u_0\)

Exemple 7 :

On reprend les suites de l'exemple précédent, on a :

● \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty\)

● \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} v_n = 0\)

● \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} w_n = 3\)

5 – Évolution exponentielle

• On utilise les suites géométriques pour modéliser des situations où l'évolution est exponentielle.

• Lorsqu'une quantité subit plusieurs évolutions successives d'un même pourcentage \(a\%\), alors on peut modéliser mathématiquement l'évolution de cette quantité par une suite géométrique, de 1er terme \(u_0\) égal à sa valeur initiale, et de raison \(q = 1 + \dfrac{a}{100}\).

Exemple 8 :

On ouvre un compte où l'on place \(10\,000\) euros. Chaque année on reçoit \(5\%\) de la somme présente sur le compte (intérêts composés). Soit \(u_n\) le montant sur le compte \(n\) années après son ouverture.

La suite \((u_n)\) est géométrique de premier terme \(u_0 = 10\,000\) et de raison \(q = 1 + \dfrac{5}{100} = 1{,}05\).


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